Réflexions du fauteuil : oui au Canadien dans les écoles, non aux subventions
11 02 2009
La ministre de l’Éducation, des loisirs et des sports, Michelle Courchesne, fait dans la convergence. Elle a trouvé le moyen de réaliser ses trois mandats en même temps en subventionnant le Canadien de Montréal pour produire du matériel pédagogique. C’est ce qu’on appelle un tour du chapeau. Ce faisant, aurait-elle compté dans son propre but?
Ça n’a pas été long que les saintes nitouches du monde de l’éducation et de la protection de la jeunesse se sont énervées le poil des jambes. Elles se sont emparées des médias pour dénoncer les méchantes entreprises privées qui veulent laver le cerveau de nos enfants pour vendre leurs cochonneries. J’en ai entendu qui ont comparé le Canadien à McDonald et aux multinationales qui sont l’expression du Grand mal comme tout le monde le sait. Est-ce qu’on peut respirer par le nez deux secondes?
George Gillet a dû être heureux d’apprendre que son club de hockey local est devenu une multinationale. Le Canadien est une entreprise privée, d’accord, mais c’est aussi une des grandes institutions sportives et culturelles du Québec. Le club nourrit notre imaginaire collectif depuis cent ans. Les historiens nous disent que l’émeute suite à la suspension de Maurice Richard en 1955, a été un des événements fondateurs de la Révolution tranquille. Il n’y a qu’à voir la ferveur que le club a soulevée de tout temps dans toute la population et encore maintenant particulièrement chez les jeunes pour comprendre que ce n’est pas seulement une affaire de sport et de marketing.
C’est certain que le Canadien n’a pas conçu son programme éducatif par pur altruisme. Il fait la promotion de son image et de son entreprise. Puis après? À ce que je sache, il n’y a pas de coupons-rabais pour l’achat de produits dérivés, ni de prix spécial sur des billets dans le matériel qui est remis aux élèves. Dans la même veine, doit-on leur interdire de regarder la Soirée du hockey à RDS pour éviter qu’ils brisent leur petit cochon pour se garrocher dans les boutiques pour acheter des chandails de Kovalev à 150 $ après la partie?
Il ne faut pas mettre de côté les bienfaits du programme. Il fait la promotion du sport, notre sport national soit dit en passant, qui est l’un des plus pratiqués par les jeunes en patin ou en bottine. Il permet d’intéresser particulièrement les garçons qui ont les difficultés d’apprentissage qu’on connait. Et il n’est aucunement obligatoire. Il faut laisser les professeurs et les directions d’école faire leur travail et exercer leur jugement professionnel pour décider s’ils vont s’en servir ou non.
Il n’y a que la subvention de 253,000 $ qui ne tient pas la route. Si le Canadien ou n’importe quelle autre entreprise ou institution privée veut polir son image tout en contribuant à l’élévation des esprits de la jeunesse en créant de matériel pédagogique, elle devrait en assumer entièrement les coûts. Le ministère de l’Éducation manque déjà d’argent pour réaliser son mandat, il ne devrait pas en donner à qui que ce soit qui ne répond pas à sa mission première et le matériel dont il est question n’en fait pas parti.
Pour une fois je suis d’accord pour laisser rentrer la religion dans les écoles. Mais plutôt que de baisser la tête aux yeux des saintes nitouches, je préfère me prosterner devant la Sainte Flanelle.
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Publié par : jacqueso à 12:23:30
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